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La Puce du ciel III
samedi 10 septembre 2005, par

Voilà enfin une affaire rondement menée, à la différence de l’Electroplane !

Commencé début Février 2005, terminé début mai de la même année, soit 3 mois de boulot pour sortir une machine très propre, récupérant le moteur König de Frédéric . (coque en fibre de verre stratifiée sur noyau perdu en polystyrène, dissous ensuite à l’essence...pas mal de boulot quand même, mais sans commune mesure avec le moule classique)

La Puce du ciel III : Premier montage

Ensuite vint la recherche d’une aile appropriée issue du vol libre, d’occase bien sûr ...Je ne cherchais pas une aile facile « pour débutant » mais au contraire une aile performante, récente, avec une finesse de 12-13 car j’avais toujours en tête de faire un peu de vol à voile...quel optimisme !

(JPG)
Puce du ciel III

Cela nécessite une aile à grand allongement, donc instable et peu maniable...mais si d’autres s’en débrouillaient, je pourrais bien en faire autant ! Un moniteur prés de Nice me proposa une aile de ce type, une « sans mât » de 14 m² de marque AIRWAWE Xtreme, pas chère (les deltas ne se vendent plus), en la qualifiant de « parfaitement pilotable mais un peu instable ».

L’installation de l’aile sur le chariot fut assez facile, sans surprise....Restait à en faire les essais....

Pour cela, il fallait agir avec prudence ! Il me fallait une grande piste, tranquille et sans vent...Le terrain de Propriano (1 400m bétonné) convenait parfaitement et de plus il était occupé par une excellente bande de copains, ce qui ne gâchait rien !

Je m’y suis donc rendu début Juin et j’ai commencé à rouler, en accélérant lentement...manque de pot, la roue avant se mit aussitôt à divaguer (on appelle ça le shimmy) par suite d’un défaut de conception de la fourche, jusqu’à éclatement du pneu ! Mais j’avais cependant eu le temps de constater que mon aile avait un drôle de comportement, notamment en lacet (aucune réaction au basculement latéral du trapèze) et en tangage (aucun rappel au neutre) ; cela commençait à m’inquiéter, mais il fallait bien continuer et s’approcher davantage de la vitesse de décollage...

Ce fut fait le 8 juillet avec une fourche entièrement refaite, mais sur le terrain de Ghisonaccia (Propiano, en été, c’est vraiment trop loin !) : piste goudronnée de 800m , c’est bien assez !

Ce jour là, je fis 3 ou 4 longueurs de piste, en accélérant progressivement et en essayant de tâter le comportement de mon aile...j’allais jusqu’à faire 2 ou 3 « sauts de puce », à 1m d’altitude maxi, avec à chaque fois un comportement chaotique et sans pouvoir vraiment déterminer les paramètres essentiels du vol. Cette tentative s’est achevée prématurément sur petits problèmes moteur...mais j’avais de moins en moins confiance dans le comportement de mon aile et je n’avais pas progressé d’un poil dans la connaissance des paramètres...il fallait bien en avoir le cœur net pourtant, et pour cela faire au minimum un palier d’une centaine de m à 1 ou 2 m du sol !

Ce qui fut tenté quelques jours après, sur le même terrain, avec une atmosphère parfaitement calme (et un pilote idem...enfin, presque !) : cette fois, je mis un tout petit peu de gaz et acceptais un vrai décollage, suivi d’un pallier de quelques secondes mais déjà trop haut (3 ou 4 m), en tirant sur la barre comme un sourd car cette fois je me rends compte que le centrage est trop en arrière, en dépit de l’avancement de celui-ci de 8 cm par rapport au point « vol libre ». Je réduis immédiatement et malgré tout l’aile embarque à droite sans que je parviennes à la contrer...l’atterrissage est brutal, de travers, beaucoup trop rapide...le train est arraché (avant et arrière) et la course se termine en bord de piste, dans un craquement sinistre, fuselage couché, hélice cassée, aile un peu éraflée ...et genou égratigné (l’amour propre, lui, est beaucoup plus atteint !). Je sors rapidement de ma coquille déglinguée, pour ne pas inquiéter davantage mon bon copain Alain qui m’assistait ce jour là et qui arrivait en courant !

En fait il m’est arrivé à peu de choses prés exactement le même accident et au même endroit, qu’avec « la Puce-du-ciel 1 » 24 ans auparavant, et ceci malgré un surcroît de prudence et la précaution supplémentaire de l’avancement notable du point d’accrochage.

En conclusion, il apparaît que :
-  cette aile de vol libre est bien trop difficile à piloter pour un « quasi débutant » comme moi !
-  En se déformant davantage sous l’effet du surpoids (pourtant modéré d’une quarantaine de kg), le centre de poussée de l’aile est très fortement avancé, encore beaucoup plus que sur les vieilles ailes des années 80

Tout cela, j’aurais dû m’en douter en observant que bien des ailes performantes modernes sont pourvues d’organes stabilisateurs en tangage (petit empennage) et d’organes de maniabilité en roulis (petits ailerons ou spoilers). Je me suis donc fait avoir en achetant cette aile...une connerie de plus à mon actif !

Mais cette fois c’est fini, stop, je raccroche les gants !! bien heureux encore que je puisse achever ces mémoires, non ?

Fait à Sisco, le 13 juillet 2005

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